On veut pas des allié·e·x·s en carton !

Illustration exposée au Théâtre de l’Usine, 20 avril 2018


Ce texte a été écrit à l’occasion de la « Outrasse Party », qui s’est tenue au théâtre de l’Usine à Genève en avril 2018, il s’agissait d’une soirée de soutien à la lutte antiraciste queer et féministe et plus directement au collectif Queerasse et au groupe Outrasse. Lors de cette soirée, des illustrations de situations d’oppressions à l’intersection du racisme et d’autres oppressions systémiques ont été exposées. Sous les illustrations nous avons affiché le texte qui suit. De très légères modifications ont été apportées pour en faciliter la lecture.

Les situations illustrées ici ne sont pas inventées. Elles sont réellement arrivées par ici, en Suisse romande et pour la plupart dans des milieux militants, des réunions, des lieux de fêtes. Elles ont été tristement faciles à récolter et nous en avons choisi quelques unes afin d’illustrer le racisme quotidien et/ou systémique.
On sait que les efforts particuliers ne vont pas supprimer le racisme, car il s’agit d’un système institutionnalisé qui oppresse des catégories de personnes différentes qui ont pour seul point commun de ne pas partager le privilège de la blancheur. On sait que le racisme, bien que structurel, traverse les individus et habite les discours, les actes et les imaginaires. On sait que pour faire tomber ce système il faudra s’organiser collectivement, les premier·ère·x·s concerné·e·x·s en tête, il faudra lutter pour arracher des droits et révolutionner les imaginaires. Cependant, on peut au niveau individuel et à l’échelle d’un groupe prendre acte des manifestations du racisme et s’engager à ne pas renforcer cette logique destructrice, déshumanisante et stigmatisante. On peut agir individuellement en se renseignant sur les biais racistes qui nous habitent, les affronter et, dans la mesure du possible, les éliminer de nos quotidiens. C’est ça la posture d’allié·e·x, prendre sur soi pour ne pas être le véhicule d’actes et/ou de propos qui renforce le système raciste en place.
C’est pourquoi, sans pouvoir éradiquer le racisme, dans les situations que tu peux maîtriser, il est préférable d’adopter certains réflexes antiracistes pour ne pas être complice de ce système.
Pour devenir un·e allié·e·x et réévaluer la façon dont tu interagis avec tes camarades racisé·e·x·s, tu trouveras ci-dessous une petite liste des trucs à faire si par hasard tu te reconnais dans les situations décrites en images, où si t’as l’impression d’avoir fait des trucs similaires ou juste si tu veux t’informer et faire passer le mot.

Excuse toi si t’as merdé

Lorsqu’on marche sur le pied de quelqu’un on demande pardon, c’est presque un réflexe. Alors lorsqu’on piétine la dignité de quelqu’un pourquoi cela semble-t-il si difficile? Dit comme ça, ça semble simple et limpide et pourtant, c’est tellement rare d’entendre des excuses dans ces cas-là. Or, ce n’est pas la mer à boire, l’erreur est humaine. S’excuser véritablement tient en deux points: admettre qu’on a foiré et prendre la responsabilité de ses actes. C’est à dire, reconnaître le comportement oppressif et/ou blessant, le regretter sincèrement et s’engager à ne pas recommencer. Pas besoin d’en faire des caisses non plus, la personne que tu as initialement blessée ne doit pas se retrouver à porter le poids de ta culpabilité et accomplir du travail émotionnel pour te réconforter.
Si par contre tu recommences alors qu’on t’as déjà signifié que c’était pas ok, ça signifie que tu assumes de ne pas te remettre en question. Dans ce cas, non seulement saches que tu n’es pas un.e allié·e·x de la lutte anti-raciste, mais tu seras invité·e·x à quitter les lieux car tu représentes un danger pour l’intégrité morale, émotionnelle et/ou physique de tes hôtes. (En d’autres termes, si tu captes pas, t’es pas lae bienvenu·e·x ici)

Évite les larmes de blanc·he (ou « white tears » en anglais) devant les personnes racisé.e.x.s.

Lorsqu’on te dit : »ce que t’as dit et/ou fait est raciste » ben ça veut dire que ton comportement à ce moment là était pas ok. Ça veut pas dire que t’es lae pire des raciste du monde, juste que ton comportement à ce moment là était raciste. Les whites tears, ou larmes blanches, est un terme qui sert à définir un comportement hyper commun lorsque des personnes sont confrontées à leurs attitudes racistes : être sur la défensive, s’indigner de l’« accusation », exprimer à quel point on a été blessé·e·x et reporter sur la victime de son propre racisme la responsabilité de la peine qu’on éprouve. Bref, en tant que blanc·he·x, c’est de mettre ses propres émotions, ressentis, vécus de personnes dominante au centre de la conversation, là où ça n’est jamais leur place lorsqu’on parle de racisme. Donc ici, lorsqu’on dit qu’il ne faut pas faire de larmes, il s’agit de ne pas ramener ce qui s’est passé à ton égo, à ta fragilité blanche. Oui c’est moche de se rendre compte qu’on peut être raciste, même sans le vouloir. Cette prise de conscience t’appartient, les personnes racisé·e·x·s le vivent au quotidien, tu n’as pas besoin de chercher leur approbation à tout prix ou leur validation sur tes faits et gestes. Saches que prendre soin de l’égo meurtri des blanc·he·s peut être tout aussi épuisant que de lutter contre le racisme, alors ne participe pas à cela et garde tes états d’âme pour toi.
Aussi, le fait d’être racisé·e·x n’a jamais empêché personne d’être raciste. Ce qu’on appelle racisme intériorisé, racisme intra ou inter communautaire décrit les comportements racistes qu’ont les personnes racisé·e·x·s envers d’autres personne racisé·e·x·s (et non, on parle pas de racisme anti-blanc). La différence c’est que le racisme est un système qui quand tu es blanc·he·x, te permet de légitimer et maintenir tes privilèges, alors que si tu es racisé·e·x, le perpétuer est contre-productif puisque c’est contre toi-même que tu exerces la violence au travers d’attitudes racistes.

Évite de jouer la carte de « ma copine est noire », « mes enfants sont métisses » (terme raciste au demeurant) ou « moi aussi je suis racisé.e.x »
On le répète, on est toustes empreint.e.x.s de racisme, avoir des personnes racisé·e·x·s dans son entourage, dans sa famille, ou être soi-même racisé·e·x·s ne nous transforme pas en un être surhumain incapable d’avoir des comportements racistes. Comme le fait d’avoir une mère ou une soeur ne fait pas automatiquement de vous quelqu’un incapable d’avoir des comportements sexistes, et on pourrait continuer les analogies à l’infini. Alors évite de tomber dans le cliché de la personne outrée d’être remise à sa place lorsqu’elle fait/dit quelque chose de raciste, sous prétexte que tu as un lien avec des personnes racisé·e·x·s ou que tu es toi-même concerné·e·x. Le racisme, on le rappelle, est un système d’oppression dans lequel on baigne, on a toustes appris des comportements racistes, s’en défaire n’est pas aisé, mais l’ignorer est pire.

Si t’es blanc.he.x
Ton attitude en soirée va déterminer si tu es un·e allié·e·x de qualité ou en carton, ou si tu fais carrément partie des relou·e·x·s. En tant que blanc·he ta simple présence signifie quelque chose dans l’espace. Ton corps, ta parole, ton regard existent avant tes actes, alors il t’appartient de te rendre compte de la place que tu occupes et de ce que ça impose aux autres, notamment aux personnes racisé·e·x·s et/ou queer.
Lorsque tu rencontres une nouvelle personne, évite les remarques et questions sur son apparence et/ou ses origines. Ta curiosité est mal placée et personne ne te doit rien. De même, abstiens toi absolument de toucher une partie du corps de l’autre (par exemple les cheveux). C’est hautement intrusif et irrespectueux de toucher quelqu’un pour assouvir sa curiosité personnelle, même si on demande d’abord. Les personnes racisé·e·x·s sont fatigué·e·x·s de devoir gérer les paroles et les gestes d’appropriation de leur corps par les blanc.he.x.s. C’est une habitude coloniale qu’il faut impérativement éliminer de nos pratiques. De même pour les personnes cis, ne chercher pas à « cerner » les corps des personnes queer. Un regard alangui et insistant est parfois tout autant intrusif/désagréable/violent qu’une main baladeuse.

Aussi, en tant que blanc.he.x, tu disposes du privilège de la visibilité. C’est-à-dire que ta parole et tes actes sont plus écoutés et pris au sérieux, dans l’espace public, que ce que pourraient dire ou faire des personnes racisé·e·x·s. Afin de contrebalancer cela tu peux « checker » ce privilège et prendre moins de place dans l’espace, dans les conversations et/ou émotionnellement. Par exemple, si t’es à l’aise pour parler en public, que tu as déjà beaucoup parlé durant un débat ou une conversation avec des personnes racisé·e·x·s prends en conscience et retiens-toi. Exerce tes capacités d’écoute, ton empathie et laisse toi guider dans la conversation plutôt que de monopoliser l’espace sonore. De même, n’impose pas ton point de vue à tout va. Et surtout, ne coupe pas la parole d’une personne concernée par la discussion en cours et/ou ne répète pas ce qu’elle vient de dire pour ton propre compte.
Dans des événements organisés par des personnes racisé·e·x·s ne te met pas en avant. S’il y a une tâche ou une activité pour laquelle tu as les mêmes compétences qu’une personne racisé·e·x·s, laisse lui le poste. Surtout si cette activité est valorisante. Au contraire, tu peux te proposer discrètement pour effectuer des tâches aidantes, comme te mettre à disposition pour les rangements.

S’il y a un.e film/documentaire/pièce de théâtre/conférence destiné aux personnes racisé·e·x·s, ne prend pas les places de devant automatiquement. Va plutôt t’installer dans les rangées de derrière. De plus, si t’as tendance à poser des questions, laisse la priorité aux personnes concernées, tu risques autrement de confisquer la parole et d’imposer ton « regard blanc » (« white gaze » en anglais) et orienter la discussion selon ton point de vue situé de personne ne vivant pas le racisme.
Sur la piste de danse, tu es invité·e·x à t’amuser, mais prend bien garde de ne pas le faire aux dépens des personnes racisé·e·x·s qui partagent le dance floor avec toi. Prend conscience de la place que tu occupes dans l’espace, surtout si tu es un homme cis. Aussi, n’imite pas des pas de danse qui ne font pas partie de ta culture et/ou que tu ne maîtrises pas juste par ce que c’est « cool » sur le moment (comme le twerk ou la « danse du ventre » par exemple). Lors d’un concert, laisse les premiers rangs aux personnes non blanches pour qu’elles puissent pleinement profiter de la soirée. N’essaie pas de choper/draguer quelqu’un seulement parce que tu lea trouves « exotique ». Les personnes non-blanches n’existent pas pour plaire à ton regard, n’emprisonne pas leur corps dans la cage de ton désir.
Bref juste prend moins de place, n’impose pas ton regard blanc sur les gens et ne t’approprie pas des gestuelles qui te dépassent.

Finalement, tu as donné un coup de main lors d’une soirée organisée par/pour les personnes racisé·e·x·s et ce sans piquer la place d’une personne racisé·e·x·s, c’est super. Mais ne cherche pas la reconnaissance à tout prix. Pendre moins de place, ben ça se voit pas forcément (he ouai). Laisser sa place, s’effacer, se mettre en arrière, c’est souvent un peu ingrat. Être un allié, « checker » ses privilèges c’est pas forcément faire quelque chose. Parfois c’est aussi ne pas faire pour que quelqu’un d’autre puisse le faire. C’est aussi être prêt·e·x à ne pas recevoir de remerciements, de reconnaissance, de félicitations. C’est pas évident de lâcher ses privilèges.

Enfin, pour être un·e·x allié·e·x tu peux soutenir financièrement les luttes antiracistes queer et féministes.

Dans la mesure de tes moyens, une contribution financière est toujours bienvenue. De plus, elle permet de valoriser le travail pédagogique qui est une partie importante, voir submergeante, de la vie militante et qui pèse la plupart du temps sur les personnes concernées par les oppressions en question. Le travail pédagogique n’est souvent pas perçu comme tel et on attend souvent des militant·e·x·s racisé·e·x·s et/ou queers qu’ielles fassent l’éducation des personnes cis blanches hétéro·a comme si ça allait de soi. Or, le travail pédagogique demande un investissement considérable en termes de temps, d’énergie et d’argent. Il faut trouver les bons mots, être convaincant·e·x et intelligible, chercher des références, imprimer des brochures, les distribuer, écrire des textes comme celui-ci, tenir têtes à des gens·tes, expliquer et réexpliquer les mêmes choses…etc. C’est pour ça que c’est important de reconnaître ce travail pour ce qu’il est, et une bonne façon de le faire c’est en donnant des thunes à nos collectifs pour pouvoir organiser nos luttes et faire des choses chouettes en dehors de la pédagogie.

Outrage Collectif

*Ecrit en avril 2018, modifié en octobre 2018

Programme Paraponera Festival 5-11 novembre 2018

Dernière minute:

Pour cause de forte présence policière (indépendante de notre événement) aux alentours d’Uni Mail, la table ronde prévue le jeudi 8 novembre à 18h sur les violences policières a été deplacée à la salle B101 de l’Uni Bastions  (Rue De-Candolle 5). Désolé.e pour le désagrément.


Edito

Qui sommes-nous?
Un groupe de personnes dont la vie est directement impactée par le racisme systémique tant au niveau institutionnel que dans la vie quotidienne. Nous nous revendiquons de l’antiracisme politique et décolonial, travaillons collec- tivement à notre autodétermination et à notre empowerement.

Pourquoi un festival antiraciste ?
Nous avons constaté un réel manque d’espace de partage, de transmission et de rencontre autour de l’antiracisme politique et décolonial. Nous avons ainsi souhaité apporter notre contribution à ce champ politique en Suisse romande.
Les intervenant.e.x.s et les artistes
Tous.te.x.s les personnes invitées font l’expérience du racisme et apportent leur analyse critique autant à travers leurs expressions artistiques que par leurs contributions théoriques. Bien que nous ayons privilégié les artistes et intervenant.e.x.s locaux, il nous a semblé essentiel de bénéficier des apports d’autres pays francophones ayant une histoire de lutte antiraciste et décoloniale plus ancienne et variée.

Les lieux
Notre choix s’est fait en fonction de différent type d’accessibilité, que ce soit au niveau des transport et de la centralité mais également en terme de public. Nous avons ainsi choisi certains lieux de la vie alternative et culturelle genevoise pour nos tables rondes afin de rendre accessible les analyses et ressources théoriques qui restent bien souvent strictement confiné au milieu académique. Cependant, le choix de l’université pour certaines tables rondes traduit notre volonté de responsabiliser les milieux académiques spécifique- ment autour des thèmes liés aux violences structurelles de genre, classe et race que cette institution contribue aussi à reproduire.

Le prix libre
Nous avons la conviction que les évenements gratuits ou à prix libre per- mettent une meilleure accessibilité au public concerné par les thèmes que nous abordons et participe à une meilleure inclusivité. Toutefois il est in- dispensable pour nous de rémunérer les personnes investies dans la lutte contre la condition sociale à laquelle ielles sont assigné.e.x.s afin de ne pas reproduire les inégalités existantes dans le monde du travail et dans la valori- sation de leurs savoirs.

Le cadre
La majorité des évènements du festival sont ouverts à tous.te.x.s, mais nous souhaitons encourager et faciliter l’accès aux personnes directement tou- chées par le racisme. Nous encourageons donc les personnes racisé.e.x.s à venir occuper les premières places durant tout le festival.

C’est avec grande joie que nous vous invitons à partager avec nous les différents moments du festival qui seront sans aucun doute inoubliables !

Outrage Collectif

++PROGRAMME ++ 

En anglais: programmeParaponeraENGLISH

En français: programmeParaponeraFR

Et comme on a encore besoin de thune, si tu veux soutenir financièrement le festival voici notre pot commun:

https://www.lepotcommun.fr/pot/xpp5ckky

 

Soirée de soutien au Paraponera Festival le 13 octobre !

Le Paraponera Festival aura lieu du 5 au 11 novembre 2018 à Genève.
Viens soutenir le meilleur festival d’antiracisme politique en Suisse Romande !

Line up :

MissBeurette, Venemo, Dj Ish, Tef Dalien, Naima & Fezmomo pour te faire danser toute la nuit !

Bar prix libre

Pour le lieu, renseigne-toi 😉

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Invitation à l’assemblée générale du Paraponera Festival

Outrage Collectif est un groupe d’action et de réflexion d’antiracisme politique et décolonial  – situé actuellement en suisse romande –qui travaille sur les questions liées au racisme systémique.  Né durant l’été 2017, nous nous sommes regroupé.e.x.s en non-mixité entre personnes racialisées négativement par la société hétéro-cis-blantriarcale afin de nous organiser de manière autonome et de veiller à notre propre émancipation.

Pour fêter notre premier anniversaire, nous organisons un festival antiraciste et décolonial en mixité. Le Paraponera festival qui aura lieu à Genève du 5 au 11 novembre
2018.

Pour soutenir ce projet de grand ampleur, nous vous invitons à participer à l’organisation du Festival Paraponera le lundi 8 octobre 2018 au Silure, Sentier des Saules 3 (au fond de la cour), à 18h30.

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Cuisine, Écris et Chante – Cook Write, and Sing – Outrage Collectif à-in standard/deluxe – 14/07/2018

Samedi 14 juillet de 13h à minuit
Saturday the 14th of june from 13h to midnight
Cuisine, Écris et Chante
Cook, Write, and Sing

ATELIER DE CUISINE DE RÉCONFORT – 13h à 16h
CONFORT COOKING WORKSHOP – 1 pm to 4 pm

ATELIER D’ÉCRITURE DE CHANSONS ANTIRACISTES – 16h à 19h30
ANTI RACIST SONG WRITING – 4 pm to 7.30 pm

KARAOKE DÉCONSTRUCTIF – 20h à la fin
DECONSTRUCTIVE KARAOKE TIME – 8 pm to end

Pour notre dernière proposition de ce mois dédié aux luttes contre les violences policières et le racisme d’État, Outrage Collectif vous invite pour une journée centrée sur la cuisine et la musique. Le racisme structurel s’articule à tous les niveaux des sociétés occidentales, y compris les aspects les plus banales et intimes comme la manière dont nous mangeons ou les chansons que nous écoutons.

For the last proposition of this month dedicated to the struggles against police violence and state racism, Outrage Collectif invites you to a day focusing on cooking and music. Structural racism is enmeshed in every aspect of western societies, including the most trivial and intimate levels like the way we eat or the songs we listen to.

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Jupiter Collectif in standard/deluxe

Jupiter collectif est invité par outrage collectif à standard/deluxe le vendredi 29 juin de 13h à 22h pour discuter des violences policières et du profilage racial à Lausanne.
Jupiter collectif is invited by Outrage collectif in standard/deluxe on friday 29 june from 1pm to 10pm to discuss police violence et racial profiling in Lausanne.

Outrage collectif se positionne fermement contre les violences policières et le profilage racial.
Outrage collectif holds a firm position against police violence and racial profiling.

Jupiter est un collectif de soutien aux prisonniers victimes de la police, la majorité des membres du collectif sont des personnes noires. Nous leur avons donné champ libre pour travailler l’espace d’art et tenir le discours qu’iels ont besoin d’exprimer pour raconter les violences policières et les condamner. C’est avec des supports audio enregistré et live, une table ronde et un moment convivial autour d’un repas solidaire qu’iels ont choisi d’animer cette journée.
Jupiter is a collective of support for prisonners victims from the police, the majority of the collective members are Black people. We gave them free field to shape the art space and hold the discourse they need to express in order to tell police violence and condemn it. It is with the audio tool, both live and recorded, a panel discussions and a convivial moment around a meal of support that they chose to animate this day.

Le contexte actuel lausannois est des plus alarmant. En l’espace d’un an et demi, 3 personnes noires sont mortes tuées par la police. Des hommes noirs se font harceler quotidiennement dans l’espace public et les réseaux sociaux. Nous vivons la mis en place d’une surveillance policière renforcée, dans une ville où le profilage racial est une routine, et où les personnes visées par lui subissent des violences et tortures, tandis que dans l’espace publique nous assistons à une libération d’un discours et de paroles racistes qui sont encouragés par la politique de la ville sous couvert d’engagement citoyen. Dans ce cadre, de nombreux acteur.ice.s lausannois.es ont élever une voix. Nous saisissons l’opportunité d’une résidence à standard deluxe pour donner la parole aux premiers concernés par ces violences. C’est pourquoi outrage collectif a invité Jupiter à (re)prendre l’espace et la parole.
Nowadays, the Lausanne context is really alarming. In a time frame of one year and a half, 3 black people were killed by the police. Black men live daily harrassement in public space and social networks. We live the implemantation of a reinforced police surveilance, in a city where racial profiling is a routine, and where targeted people suffer violence and tortures. All the while, in public space we witness a liberation of racist discourse and speeches which are encouraged by the city’s policy under the argument of civic commitment. In this context, a lot of activist in Lausanne have raised their voice. We seize the opportunity of our residency in standard deluxe to give the possibility to speak to people who are first affected by these violences. It is why Outrage collectif has invited Jupiter to take (back) space and speech.

TEXT BY JUPITER : ENGLISH BELOW

« Depuis des jours, des mois, des années, nous voyons des ami.e.s disparaître pour quelques jours,quelques mois, quelques années. Tous les jours, des personnes se font arrêter, puis emprisonner. En fait, pour beaucoup, nous ne les voyons même pas. Sans papier de séjour valable en Suisse, quand bien même certain.e.s détiennent des documents délivrés par d’autres pays d’Europe leur permettant de voyager, ielles sont considéré.e.s comme« illégaux » , une voie directe permettant d’envoyer une catégorie de personnes en prison, une catégorie de personnes que le système invisibilise jusqu’à les faire disparaître en cellule. L’isolement est une des armes de la répression.(…) »

>> Lire la suite du texte

« Since some days, some months, some years, we see our friends disappear for some days, some months, some years. Everyday, people get arrested, and imprisoned. Actually, for a lot of them,we don’t even see them. Without residence paper in Switzerland, even though some of them have documents in others european countries that allow them to travel. they are considered as « illegal » , a straight way that allow to send a category of persons in prison,a category that the system makes invisible, until reaching the point to make them disappear in cell. An isolation is one of the weapon of the repression.(…) »

JUPITER COLLECTIF : « L’isolement est leur arme, brisons l’isolement. » – « Isolation is their weapon, let us break isolation. »

Jupiter est un collectif de soutien aux prisonniers victimes de la police, la majorité des membres du collectif sont des personnes noires.

Jupiter is a collective of support for prisonners victims from the police, the majority of the collective members are Black people.

ENGLISH BELOW

« Depuis des jours, des mois, des années, nous voyons des ami.e.s disparaître pour quelques jours,quelques mois, quelques années. Tous les jours, des personnes se font arrêter, puis emprisonner. En fait, pour beaucoup, nous ne les voyons même pas. Sans papier de séjour valable en Suisse, quand bien même certain.e.s détiennent des documents délivrés par d’autres pays d’Europe leur permettant de voyager, ielles sont considéré.e.s comme« illégaux » , une voie directe permettant d’envoyer une catégorie de personnes en prison, une catégorie de personnes que le système invisibilise jusqu’à les faire disparaître en cellule. L’isolement est une des armes de la répression.

Depuis l’hôtel de police jusqu’à la prison, tout est mis en place pour que la personne arrêtée n’ait aucune ressource. A Lausanne, cela commence toujours par une détention à la zone carcérale de l’hôtel de police ou du poste de gendarmerie de la Blécherette, des lieux de non-droit, où les conditions de détention relèvent de la torture. Les personnes arrêtées se font régulièrement tabasser dans les cellules, humilier, menacer de mort et médicaliser de force. Les cellules sont éclairées 24 heures sur 24, une caméra filme en permanence, aucune lumière du jour pas de droit de visites, aucune traduction des lettres officielles reçues, et aucune information, à part celle selon laquelle il n’y a pas de place en prison, et qu’il faut attendre… La durée légale maximale de détention à l’hôtel de police est de 48h, pourtant beaucoup restent entre 15 à 30 jours. Puis ensuite, la détention en prison. A l’intérieur, nul ne sait quand il va sortir. Mois après mois. les jours avant la sortie prévue, les maton.e.s apportent de nouvelles lettres rajoutant des jours de peine, suite à des décisions que le / la procureur prend au gré de ses envies, pendant que la personne reste emprisonnée. Si elles n’ont pas de possibilité de contact avec l’extérieur, les personnes arrêtées et embarquées disparaissent, pour quelques jours, quelques mois, quelques années.

Tous les jours, la police harcèle des personnes racisées dans la rue. Tous les jours, la police frappe, tabasse et torture des personnes, à l ‘abri des regards, dans leur voiture dans des buissons, dans des ruelles, en raison de la couleur de leur peau. Les flics entrent dans les transports publics, et ordonnent uniquement aux personnes noires de sortir pour un contrôle. Ielles entrent dans des restaurants d’Afrique de l’Ouest, pointent des gens au hasard et les font sortir pour les fouiller. Des patrouilles débarquent en nombre en ville, et dans la rue, interpellent des personnes noires, les alignent contre le mur en les encerclant, parfois menottées, leur demandent leur papier de séjour et les fouillent. Lors de nombreux contrôles, ielles prennent les papiers de séjour, les détruisent, et volent l’argent que les personnes ont sur elles. Parfois les flics se dirigent juste vers des personnes et les gazent avec leur spray au poivre en leur ordonnant de partir.
Face à cette situation, face au silence, face à l’invisibilité que l’Etat met en place, nous voulons parler, nous voulons montrer. Nous avons constitué ce groupe suite à ce que nous voyons, avons vu et pour certain.e.s d’entre nous, avons directement vécu. Nous avons décidé d’organiser ces événements, tout d’abord pour pouvoir réunir de l’argent afin d’apporter un soutien financier à ceux qui en auraient besoin, notamment en prison. Par exemple, le simple fait de pouvoir acheter des cartes de téléphone permet d’avoir un contact avec l’extérieur. Nous voulons également diffuser des informations, et finalement, nous prenons ce temps pour nous réunir, nous retrouver et penser à ceux et celles qui ne sont pas là.

L’isolement est leur arme, brisons l’isolement. »

Texte écrit en décembre 2017 par JUPITER COLLECTIF toujours d’une grande actualité étant donné le climat lausannois actuel. Depuis l’entrée en vigueur du nouveau plan de renforcement de la présence policière en uniforme le 25 juin 2018, de nombreux témoignages de profilages raciales, d’actes intentionnels d’humiliation et autres atteintes à l’intégrité physique et moral des personnes noires sont quotidiennement rapporté – Outrage Collectif »

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« Since some days, some months, some years, we see our friends disappear for some days, some months, some years. Everyday, people get arrested, and imprisoned. Actually, for a lot of them,we don’t even see them. Without residence paper in Switzerland, even though some of them have documents in others european countries that allow them to travel. they are considered as « illegal » , a straight way that allow to send a category of persons in prison,a category that the system makes invisible, until reaching the point to make them disappear in cell. An isolation is one of the weapon of the repression.
From the hotel de police until the prison, everything is settled for the person arrested not to have any ressources. ln Lausanne, it always begin with a detention in the hotel de police or in the police station in Blécherette, places where anything can happen, where the conditions of detention are torture. The people that get arrested are regularly beaten up in the cells, humiliated, threatened with death, and they receive medicine by force. The cells have light 24 hours per day, a camera films permanently, there is no light from outside, no rights to receive visits, no translation of officials letters. and no informations, apart from the one that there is no places in prison, that they must wait… The legal time to stay in custody in the hotel de police is 48 hours, however, for a lot of people, they will stay there between 15 and 30 days. Then cornes the detention in prison. Inside, nobody knows when he/she will go out. Months after months, the days just before they would have go out, the screws bring new letters, that will add days in custody, because of decisions that the prosecutor takes as he likes, white the person remains in prison. If the persons arrested don’t have any contact with outside, they disappear, for sorne days, sorne months, some years.
Everyday, police harasses people in the streets on racial profiling basis. Everyday, police beats up and tortures people, where nobody can see, in their cars, in the bush, in small streets, just because of the color of their skin. The cops enter in the public transport. and order only black people, to go out for a control. They enter in West-African restaurants, pick persons randomly and make them to go out to search them. Patrols come with many cops in the city, and in the street, arrest black people, put them against a wall, sometimes with handcuff. and they surround them, ask for documents. and search them. During many controls, they take the documents, destroy them and steal the money that people have with them. Sometimes, cops just go toward people and use pepper spray, ordering them to leave the place.
In front of this situation, in front of the silence, in front of the invisibility that the State establishes, we want to talk, we want to show. We made this group from what we saw, or, for some of us, experienced. We have then decided to organise events, first of all to be able to gather money to bring financial support, particularly in prison but not only. Because the simple fact to be allowed to buy phone card brings back the contact with the outside world or family who otherwise don’t get news. We also want to diffuse informations, and finally, we take this time to gather, to find ourselves together, to think about people that are missing.

Isolation is their weapon, let us break isolation.« 

This text, written in December 2017 by the JUPITER COLLECTIF , is still of very relevant now, seen the present general state of things in Lausanne. Since the new plan on June 25th 2018 to reinforce police presence in uniforms entered in force, numerous testimonies of racial profiling, of intentional acts of humiliation and other violations of black person’s physical and moral integrity are being reported on a daily basis – Outrage Collectif.

Se rassembler, Guérir, S’organiser – Gather, Heal, Organise

Vendredi 15 Juin 2018 – samedi 14 juillet 2018            Friday june the 15th 2018 – saturday july the 14th 2018

Outrage Collectif en soutien aux luttes contre les violences policières & le racisme d’Etat
A project by Outrage Collectif in support of the struggles against police violence & state racism

Invité par – invited by standard/deluxe

Ouvertures – Openings:

Vendredi 15 ou Samedi 16 juin
Friday 15 or Saturday the 16th
AID EL-FITR – EID EL-FITR
13h-22h

Vendredi 29 juin
Friday the 22nd of june
Jupiter Soundsystem Supports Prisoners

Samedi 14 juillet
Saturday the 14th of july
Karaoke Antiraciste

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Le racisme gangrène Lausanne – Racism plagues Lausanne

Lettre ouverte contre l’incitation au racisme anti-noir.e.x.s à Lausanne / Open letter against the incitation of anti black racism in Lausanne :

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Le racisme gangrène Lausanne
Nous, un ensemble de collectifs actifs à Lausanne, sommes profondément choqués par les comportements des médias romands ces derniers jours. Ce qui nous a particulièrement révoltés, c’est de voir d’une part des propos creux incitants à la haine et d’autre part des diffamations. Nous observons un manque de travail journalistique critique basé sur l’investigation et l’analyse. Nous dénonçons la tribune offerte dans les médias romands à des propos diffamatoires et racistes. C’est pourquoi aujourd’hui nous souhaitons être entendus.
Si nous parlons du deal de rue, il nous faut aussi parler : Continue reading « Le racisme gangrène Lausanne – Racism plagues Lausanne »

Outrage Collectif, contre toutes les formes de prison !

Discours lu lors du rassemblement du 23.05.2018 contre le projet de centre fédéral du Grand-Saconnex (Genève).

« Ne nous leurrons pas, les centres fédéraux sont bel et bien des lieux d’enfermement contemporain.

Le site web du SEM (Secrétariat d’État aux Migrations) fait l’éloge des centres fédéraux pour requérants d’asile en mettant en avant les avantages économiques pour les communes et les régions, tels que l’investissement et le développement des entreprises, du marché de l’emploi, la promotion des fournisseurs alimentaires et matériels locaux, ainsi que la diversité culturelle.

La promotion des centres fédéraux y est exposée à la population majoritaire comme bon pour l’économie et minimise les préjugés criminalisant à l’encontre des personnes en exil en lui assurant qu’iels seront bien cadré.e.x.s, ou même rangé.e.x.s, pour appuyer le caractère déshumanisant, jusqu’à leur expulsion. La présentation assure et assume que la Patrie sera bien protégée et qu’elle pourra en plus en tirer des bénéfices matériels.

En utilisant un vocabulaire juridique issu du droit pénal, Continue reading « Outrage Collectif, contre toutes les formes de prison ! »