Jupiter Collectif in standard/deluxe

Jupiter collectif est invité par outrage collectif à standard/deluxe le vendredi 29 juin de 13h à 22h pour discuter des violences policières et du profilage racial à Lausanne.
Jupiter collectif is invited by Outrage collectif in standard/deluxe on friday 29 june from 1pm to 10pm to discuss police violence et racial profiling in Lausanne.

Outrage collectif se positionne fermement contre les violences policières et le profilage racial.
Outrage collectif holds a firm position against police violence and racial profiling.

Jupiter est un collectif de soutien aux prisonniers victimes de la police, la majorité des membres du collectif sont des personnes noires. Nous leur avons donné champ libre pour travailler l’espace d’art et tenir le discours qu’iels ont besoin d’exprimer pour raconter les violences policières et les condamner. C’est avec des supports audio enregistré et live, une table ronde et un moment convivial autour d’un repas solidaire qu’iels ont choisi d’animer cette journée.
Jupiter is a collective of support for prisonners victims from the police, the majority of the collective members are Black people. We gave them free field to shape the art space and hold the discourse they need to express in order to tell police violence and condemn it. It is with the audio tool, both live and recorded, a panel discussions and a convivial moment around a meal of support that they chose to animate this day.

Le contexte actuel lausannois est des plus alarmant. En l’espace d’un an et demi, 3 personnes noires sont mortes tuées par la police. Des hommes noirs se font harceler quotidiennement dans l’espace public et les réseaux sociaux. Nous vivons la mis en place d’une surveillance policière renforcée, dans une ville où le profilage racial est une routine, et où les personnes visées par lui subissent des violences et tortures, tandis que dans l’espace publique nous assistons à une libération d’un discours et de paroles racistes qui sont encouragés par la politique de la ville sous couvert d’engagement citoyen. Dans ce cadre, de nombreux acteur.ice.s lausannois.es ont élever une voix. Nous saisissons l’opportunité d’une résidence à standard deluxe pour donner la parole aux premiers concernés par ces violences. C’est pourquoi outrage collectif a invité Jupiter à (re)prendre l’espace et la parole.
Nowadays, the Lausanne context is really alarming. In a time frame of one year and a half, 3 black people were killed by the police. Black men live daily harrassement in public space and social networks. We live the implemantation of a reinforced police surveilance, in a city where racial profiling is a routine, and where targeted people suffer violence and tortures. All the while, in public space we witness a liberation of racist discourse and speeches which are encouraged by the city’s policy under the argument of civic commitment. In this context, a lot of activist in Lausanne have raised their voice. We seize the opportunity of our residency in standard deluxe to give the possibility to speak to people who are first affected by these violences. It is why Outrage collectif has invited Jupiter to take (back) space and speech.

TEXT BY JUPITER : ENGLISH BELOW

« Depuis des jours, des mois, des années, nous voyons des ami.e.s disparaître pour quelques jours,quelques mois, quelques années. Tous les jours, des personnes se font arrêter, puis emprisonner. En fait, pour beaucoup, nous ne les voyons même pas. Sans papier de séjour valable en Suisse, quand bien même certain.e.s détiennent des documents délivrés par d’autres pays d’Europe leur permettant de voyager, ielles sont considéré.e.s comme« illégaux » , une voie directe permettant d’envoyer une catégorie de personnes en prison, une catégorie de personnes que le système invisibilise jusqu’à les faire disparaître en cellule. L’isolement est une des armes de la répression.(…) »

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« Since some days, some months, some years, we see our friends disappear for some days, some months, some years. Everyday, people get arrested, and imprisoned. Actually, for a lot of them,we don’t even see them. Without residence paper in Switzerland, even though some of them have documents in others european countries that allow them to travel. they are considered as « illegal » , a straight way that allow to send a category of persons in prison,a category that the system makes invisible, until reaching the point to make them disappear in cell. An isolation is one of the weapon of the repression.(…) »

Se rassembler, Guérir, S’organiser – Gather, Heal, Organise

Vendredi 15 Juin 2018 – samedi 14 juillet 2018            Friday june the 15th 2018 – saturday july the 14th 2018

Outrage Collectif en soutien aux luttes contre les violences policières & le racisme d’Etat
A project by Outrage Collectif in support of the struggles against police violence & state racism

Invité par – invited by standard/deluxe

Ouvertures – Openings:

Vendredi 15 ou Samedi 16 juin
Friday 15 or Saturday the 16th
AID EL-FITR – EID EL-FITR
13h-22h

Vendredi 29 juin
Friday the 22nd of june
Jupiter Soundsystem Supports Prisoners

Samedi 14 juillet
Saturday the 14th of july
Karaoke Antiraciste

https://fr-fr.facebook.com/events/181095259232841

 

Outrage Collectif, contre toutes les formes de prison !

Discours lu lors du rassemblement du 23.05.2018 contre le projet de centre fédéral du Grand-Saconnex (Genève).

« Ne nous leurrons pas, les centres fédéraux sont bel et bien des lieux d’enfermement contemporain.

Le site web du SEM (Secrétariat d’État aux Migrations) fait l’éloge des centres fédéraux pour requérants d’asile en mettant en avant les avantages économiques pour les communes et les régions, tels que l’investissement et le développement des entreprises, du marché de l’emploi, la promotion des fournisseurs alimentaires et matériels locaux, ainsi que la diversité culturelle.

La promotion des centres fédéraux y est exposée à la population majoritaire comme bon pour l’économie et minimise les préjugés criminalisant à l’encontre des personnes en exil en lui assurant qu’iels seront bien cadré.e.x.s, ou même rangé.e.x.s, pour appuyer le caractère déshumanisant, jusqu’à leur expulsion. La présentation assure et assume que la Patrie sera bien protégée et qu’elle pourra en plus en tirer des bénéfices matériels.

En utilisant un vocabulaire juridique issu du droit pénal, Continue reading « Outrage Collectif, contre toutes les formes de prison ! »

Improriviera ou le blackface dans nos rues !

Outrage a décidé d’écrire à Improriviera pour avoir imposé sa publicité raciste pendant des semaines dans les rues de Lausanne, Vevey et alentours.
 Comme attendu, nous avons eu une réponse plus que dégueu de son président où le déni le disputait à l’indécence.

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Discours d’Outrage Collectif au 1er mai 2018

Lors des commémorations des luttes du 1er Mai les luttes syndicales et de la gauche sont trop souvent colorblind, ne thématisent que trop rarement le racisme dans les enjeux d’accès au travail. Le lien entre racisme structurel et précarité de l’emploi est souvent tu quand le processus polymorphe qu’est la racialisation arrange les autorités.

Dans le cadre de cette manifestation qui, par ses revendications, lutte contre la précarité dans le monde du travail, nous considérons que la visibilisation des travailleu.r.se.x.s non-déclaré.e.x.s car non-déclarables revêt une grande importance, car la lutte pour nos droits ne doit pas engendrer d’inégalités entre les personnes qui pourraient en bénéficier. C’est pourquoi, nous prenons aujourd’hui la parole afin de dénoncer les précarités plurielles et exacerbées auxquelles ces personnes sont soumises au quotidien.
Continue reading « Discours d’Outrage Collectif au 1er mai 2018 »

Réponse à la caricature raciste de Herrmann

Le 23.04.2018 a été publié un dessin fait par Herrmann sur le changement de nom du Swaziland. Nous pouvions y voir un homme noir en habit traditionnel au centre de l’image, représentant le roi. Et, des femmes noires autour  de lui, également en habit « traditionel », et bien sûr les seins à l’air et les yeux émerveillés fixés sur lui, dont certaines dans ses bras. Au-dessus de ce dernier nous pouvons lire dans une bulle « J’en avais marre d’être pris pour un conseiller fédéral ».

Cette image mise en avant est passablement choquante car elle véhicule une fois encore une vision exotisante des corps noirs et met en évidence la constance de la Tribune de Genève à véhiculer des caricatures sexistes et racistes .

Nous avons décidé d’y répondre :

Speech : Support to Wilson A./Discours : Soutien à Wilson A.

Outrage Collectif’s speech in front of the Zurich courthouse during a gathering organized by « Alliance Against Racial Profiling » on Tuesday the 10th of April 2018, the opening day of the trial of Wilson A., victim of racial profiling and police brutality in 2009 on a tramway in Zurich. This gathering was in support of his trial against the 3 police officers that injured him and for all the victims of this type of violence.

The 3 police officers have now been cleared despite having insulted and severely injured Wilson A. who was turned by the state – the prosecutors hand in hand with the police officers – from being a victim to a threatening subject, classical rhetoric used by racist states to build up undefendable racialized bodies :

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OUTRASSE PARTY (I)

Titre: OUTRASSE PARTY (I)
Lieu: Théâtre de l’Usine, Genève
Lien vers: Cliquer ici
Description: Vendredi 20 avril 2018, le collectif antiraciste et décolonial romand Outrage Collectif, vous attend pour son deuxième évènement, cette fois au TU.

OUTRASSE PARTY une soirée de soutien à
– Outrage Collectif (collectif anti raciste politique de personnes racisé.e.x.s en Suisse Romande)
– Queerasse (collectif de personnes queers racisé.e.x.s qui
produit des fanzines et qui planifie d’organiser la 2ème édition d’un super mega festival de résistance queer décoloniale)
– Le TU – Théâtre de l’Usine (lieu culturel genevois dédié aux arts de la scène contemporains et notamment à la relève artistique)

Soirée en 3 parties :
– Dès 17h, infokiosque/distro, projection et discussion (plus d’infos à suivre).
– Dès 20h, bouffe prix libre
– Dès 22h, lives et DJs sets !

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Les excuses sont politiques ; leurs absences aussi

Paru sur cases-rebelles.org, collectif non mixte noir anti-autoritaire.

Publié en décembre 2017

Catégorie : PERSPECTIVES

Quand on a failli, le reconnaître et demander aux personnes que l’on a pu blesser, léser de nous excuser est un acte profondément signifiant. Il s’agit d’accepter que nos actes ont des conséquences et de le formuler. Il s’agit aussi d’ouvrir la possibilité d’éventuelles réparations, compensations, etc. Il s’agit non pas de « s’excuser », c’est-à-dire de définir soi-même les modalités de son absolution, mais de déclarer que l’on a foiré et d’accepter de penser avec les victimes à la manière dont cela peut se réparer, si c’est possible. CertainEs ne s’excusent jamais. C’est-à-dire que le verbe « excuser » ne sort jamais dans leurs bouches, leurs écrits, etc. D’autres s’excusent dans le sens le plus individualiste du terme c’est à dire qu’ils sont dans l’auto-absolution parce que « ce n’est pas de leur faute », qu’ils « ont des excuses » ; avec ce type d’attitude, personne n’est responsable et les personnes qui ont été blessées se sentent rapidement coupables d’avoir espéré un acte juste en compensation. Rares sont les individuEs qui reconnaissent pleinement leurs fautes et se mettent sincèrement à la disposition d’une démarche collective de compensation. Ce que je dis ici est bien abstrait et c’est plus ou moins grave, important en fonction de l’acte considéré. Mais ce qu’il faut noter c’est que les excuses bidons permettent la répétition. Apprendre à demander humblement à l’autre qu’il nous excuse et qu’il détermine les modalités de son pardon, c’est exactement l’inverse d’apprendre à se trouver des excuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Noémi MICHEL : Race, colonialisme et identités noires en Suisse.

paru sur cases-rebelles.org, collectif non mixte noir anti-autoritaire.

Emission n°76

Publié en janvier 2018

Catégorie: AFROEUROPE, LES EMISSIONS

Proverbe : « Men anpil, chay pa lou» (Le fardeau est moins lourd si l’on s’y met à plusieurs.)
Photo : @Batu

Dans cette émission n°76 on a le grand plaisir d’accueillir Noemi MICHEL, maître-assistante en sciences politiques à l’Université de Genève en Suisse et militante.
Après s’être présentée, Noémi abordera la question du racisme et du colonialisme dans le contexte suisse, reviendra sur la légendaire et prétendue neutralité suisse, et évoquera également les conditions d’organisation de luttes noires dans ce pays. Elle nous parlera aussi de ce qu’elle nomme « les politiques d’omission », à travers l’exemple de la Révolution haïtienne. Et enfin elle questionne sur la persistance du blackface en Europe.

Bonne écoute !

Musique:
Gavin Turek « My Delight»
Christian Scott « The Eraser»
Awozam « Sa sé remo»
Kami Awori « Ojuelegba »
Manno Charlemagne (Repose en paix ! ) « Na sispann pedi»

Télécharger l’émission n°76 : cliquez ici

Interview réalisée le 20 octobre 2017.

Liens :
Carrefour de Réflexion sur le Racisme Anti-Noir (CRAN)
Collectif Afro-Swiss (collectif antiraciste intersectionnel, en Suisse romande)
Bla*sh (collectif antiraciste intersectionnel en Suisse alémanique)
A qui le tour (collectif antiraciste formé suite à la mort d’Hervé Madundu aux mains de la police)
Alliance contre le Profilage racial (Stop Racial Profiling)
Collectif Faites des vagues
European Race & Imagery Foundation
(ERIF)
Post-Cit : « Penser la différence raciale et post-coloniale » (groupe de recherche)

Pour en savoir plus sur le rapport censuré sur la collaboration entre la Suisse et le régime d’apartheid sud-africain : lire ici.

Pour en savoir plus sur le travail de Jovita Dos Santos Pinto à propos de l’histoire des femmes noires en Suisse : lire ici (article en allemand).