OUTRASSE PARTY (I)

Titre: OUTRASSE PARTY (I)
Lieu: Théâtre de l’Usine, Genève
Lien vers: Cliquer ici
Description: Vendredi 20 avril 2018, le collectif antiraciste et décolonial romand Outrage Collectif, vous attend pour son deuxième évènement, cette fois au TU.

OUTRASSE PARTY une soirée de soutien à
– Outrage Collectif (collectif anti raciste politique de personnes racisé.e.x.s en Suisse Romande)
– Queerasse (collectif de personnes queers racisé.e.x.s qui
produit des fanzines et qui planifie d’organiser la 2ème édition d’un super mega festival de résistance queer décoloniale)
– Le TU – Théâtre de l’Usine (lieu culturel genevois dédié aux arts de la scène contemporains et notamment à la relève artistique)

Soirée en 3 parties :
– Dès 17h, infokiosque/distro, projection et discussion (plus d’infos à suivre).
– Dès 20h, bouffe prix libre
– Dès 22h, lives et DJs sets !

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Les excuses sont politiques ; leurs absences aussi

Paru sur cases-rebelles.org, collectif non mixte noir anti-autoritaire.

Publié en décembre 2017

Catégorie : PERSPECTIVES

Quand on a failli, le reconnaître et demander aux personnes que l’on a pu blesser, léser de nous excuser est un acte profondément signifiant. Il s’agit d’accepter que nos actes ont des conséquences et de le formuler. Il s’agit aussi d’ouvrir la possibilité d’éventuelles réparations, compensations, etc. Il s’agit non pas de « s’excuser », c’est-à-dire de définir soi-même les modalités de son absolution, mais de déclarer que l’on a foiré et d’accepter de penser avec les victimes à la manière dont cela peut se réparer, si c’est possible. CertainEs ne s’excusent jamais. C’est-à-dire que le verbe « excuser » ne sort jamais dans leurs bouches, leurs écrits, etc. D’autres s’excusent dans le sens le plus individualiste du terme c’est à dire qu’ils sont dans l’auto-absolution parce que « ce n’est pas de leur faute », qu’ils « ont des excuses » ; avec ce type d’attitude, personne n’est responsable et les personnes qui ont été blessées se sentent rapidement coupables d’avoir espéré un acte juste en compensation. Rares sont les individuEs qui reconnaissent pleinement leurs fautes et se mettent sincèrement à la disposition d’une démarche collective de compensation. Ce que je dis ici est bien abstrait et c’est plus ou moins grave, important en fonction de l’acte considéré. Mais ce qu’il faut noter c’est que les excuses bidons permettent la répétition. Apprendre à demander humblement à l’autre qu’il nous excuse et qu’il détermine les modalités de son pardon, c’est exactement l’inverse d’apprendre à se trouver des excuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Noémi MICHEL : Race, colonialisme et identités noires en Suisse.

paru sur cases-rebelles.org, collectif non mixte noir anti-autoritaire.

Emission n°76

Publié en janvier 2018

Catégorie: AFROEUROPE, LES EMISSIONS

Proverbe : « Men anpil, chay pa lou» (Le fardeau est moins lourd si l’on s’y met à plusieurs.)
Photo : @Batu

Dans cette émission n°76 on a le grand plaisir d’accueillir Noemi MICHEL, maître-assistante en sciences politiques à l’Université de Genève en Suisse et militante.
Après s’être présentée, Noémi abordera la question du racisme et du colonialisme dans le contexte suisse, reviendra sur la légendaire et prétendue neutralité suisse, et évoquera également les conditions d’organisation de luttes noires dans ce pays. Elle nous parlera aussi de ce qu’elle nomme « les politiques d’omission », à travers l’exemple de la Révolution haïtienne. Et enfin elle questionne sur la persistance du blackface en Europe.

Bonne écoute !

Musique:
Gavin Turek « My Delight»
Christian Scott « The Eraser»
Awozam « Sa sé remo»
Kami Awori « Ojuelegba »
Manno Charlemagne (Repose en paix ! ) « Na sispann pedi»

Télécharger l’émission n°76 : cliquez ici

Interview réalisée le 20 octobre 2017.

Liens :
Carrefour de Réflexion sur le Racisme Anti-Noir (CRAN)
Collectif Afro-Swiss (collectif antiraciste intersectionnel, en Suisse romande)
Bla*sh (collectif antiraciste intersectionnel en Suisse alémanique)
A qui le tour (collectif antiraciste formé suite à la mort d’Hervé Madundu aux mains de la police)
Alliance contre le Profilage racial (Stop Racial Profiling)
Collectif Faites des vagues
European Race & Imagery Foundation
(ERIF)
Post-Cit : « Penser la différence raciale et post-coloniale » (groupe de recherche)

Pour en savoir plus sur le rapport censuré sur la collaboration entre la Suisse et le régime d’apartheid sud-africain : lire ici.

Pour en savoir plus sur le travail de Jovita Dos Santos Pinto à propos de l’histoire des femmes noires en Suisse : lire ici (article en allemand).

Pourquoi nous ne signerons pas les revendications du mouvement pour le droit à la ville

Nous rappelons qu’Outrage Collectif  est un collectif antiraciste qui privilégie l’auto-organisation des personnes racisées. Cette auto-organisation n’a nul autre but que de nous permettre de décider collectivement – entre personnes subissant directement les effets du racisme – de nos objectifs, de nos priorités et de notre agenda. Dans ce sens, nous insistons sur le besoin de créer une base politique commune par nous et pour nous. Il est temps que nous ayons nos propres discours et que ceux-ci ne se perdent pas dans des stratégies qui ne servent principalement que celles et ceux qui bénéficient déjà de divers avantages et accès dans la société pendant que certain.e.x.s d’entre nous stagnent dans des conditions indignes.

Il nous semble important de partager les raisons pour lesquelles nous ne signerons pas les revendications du « Droit à la Ville », mais aussi d’exprimer pourquoi certain.e.x.s d’entre nous viendront marcher. L’appel au boycott n’est pas notre objectif, car bien sûr nous savons reconnaître un mouvement qui mérite d’exister.
Ce mouvement a notamment réussi à mobiliser une partie de la population genevoise sur des problématiques importantes telles que l’accès au logement et a permis d’alimenter des réflexions intéressantes autour, par exemple, du rejet de la ville en tant qu’espace exclusivement marchand ou de l’utilisation de l’espace publique.

Cependant, le mouvement pour le droit à la ville devrait être anti-raciste et il ne l’est pas. Continuer la lecture de « Pourquoi nous ne signerons pas les revendications du mouvement pour le droit à la ville »

Tout le monde peut se passer de la police

paru sur jefklak.org

 

Organisations communautaires pour abolir la police à Chicago

Par Maya Dukmasova

2 janvier 2017

Traduit par Émilien Bernard

Scandale après scandale, meurtre après meurtre, la police états-unienne s’est taillée une solide réputation de brutalité, notamment auprès des populations noires. Dans le South Side de Chicago, des militant.e.s de terrain s’organisent pour dépasser la simple critique de l’institution policière, et mettre en place des contre-institutions rendant inutile l’intervention de la police. Inspiré.e.s par le concept d’abolition de la prison porté par Angela Davis, ou par la notion de « justice réparatrice » héritée des traditions indiennes, le but est de montrer que la fonction de la police tient plus dans la répression que dans la protection. Cercles de parole, repas de quartier servant de défense collective, ou bien encore résolution des délits à l’intérieur des communautés et des quartiers, les idées pour abolir la police ne manquent pas. Et certaines sont mises en pratique.
Article original : « Abolish the police? Organizers say it’s less crazy than it sounds. » The Chicago Reader, 25/08/16. Site de l’auteure.

Jusqu’à cette émission sur Fox News, Jessica Disu ne s’était jamais considérée comme partisane de l’abolition de la police. Le 11 juillet, pourtant, quelque chose a basculé alors qu’elle passait sur cette chaîne nationale, entourée de 29 autres personnes. Toutes avaient été réunis par Megyn Kelly pour discuter des récents meurtres d’Alton Sterling, de Philando Castile et de plusieurs policiers de Dallas1.

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Outrage party : soirée de soutien aux victimes de violences policières

Après l’agression de Claudio par la police, les morts de Lamin & Hervé tués par l’État policier, et d’autres attaques encore, il nous a semblé plus que nécessaire d’organiser un événement autour des violences policières et du profilage racial.

Présentations, discussion et soirée en soutien aux victimes de l’État policier et à leurs familles :

1ère Outrage party, zbim!

dès 16h, à l’espace St-Martin à Lausanne, après-midi de discussion autour de la thématique des violences policières sur les personnes racisées et de présentation de collectifs romands et alémaniques d’empowerment de personnes concernées par le racisme d’État:

Alliance against racial profiling
Collectif Jean Dutoit
Jupiter Collective
À Qui Le Tour
BLASH

20h – Repas par outrage crew Food – à prix libre

dès 23h grosse fête de soutien à l’Espace Autogéré de Lausanne, entrée prix libre, avec live et djs de Genève et Lausanne, trap to dancehall to reggaeton et plus encore!
Voodoo (Ozadya)
Noir Haze (Rive Magenta)
Portia Lewis
Sirenessa
Dj Tafisco
Outrage All Stars DJ Crew

Le privilège de la neutralité, un outil de domination

 

« If you are neutral in situations of injustice, you have chosen the side of the oppressor »

Desmond Tutu

Les sociétés occidentales sont traversées de rapports de pouvoir qui reproduisent un système de dominations multiples et croisées. Ce système étant basé sur les oppressions notamment de race, de classe, de genre, d’orientation sexuelle et de santé, permet à l’occident de se développer et de s’approprier des richesses par l’exploitation de classes entières de population. Sans cette exploitation, elles ne pourraient tout simplement pas fonctionner comme elles le font. Ainsi, le système se renforce lui-même, perpétuant encore et toujours les mêmes hiérarchies. Et ces mécanismes structurels participent dans les pays occidentaux aux processus d’exclusion de groupes minorisés, autant dans les institutions (école, université, travail), dans l’espace public et politique que dans les relations interpersonnelles.

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Quand L’Usine joue le jeu de la police

Selon la décision qui a été prise durant la réunion de gestion de l’association ‘L’Usine’ de ce lundi, les dealers se verront interdire temporairement l’entrée au bâtiment.

Cette mesure a été adoptée sous prétexte qu’ils se réfugient « en masse » (selon leurs termes) dans le hall d’entrée lors des contrôles de police effectués sur la Place des Volontaires, qu’ils utilisent le lieu parfois sans consommer, et que des altercations avec des videurs auraient eu lieu (probablement directement liées aux raisons nommées ci-dessus).

Ainsi, par ces temps hivernaux, les personnes qui trainent sur la place et identifiées comme dealers – même si l’activité est difficile à prouver – resteront dehors. On peut dès lors se demander comment cette décision sera mise en pratique. Continuer la lecture de « Quand L’Usine joue le jeu de la police »

Il y a un an, Hervé mourrait sous les balles de la police !

Le 6 novembre 2016, il y a un an, Hervé Mandundu est tué par la police cantonale vaudoise. Suite à ce drame, une manifestation rassemble plus de 1000 personnes à Lausanne sous le slogan « stop à la violence policière », faisant écho à d’autres crimes policiers comme le passage à tabac de Claudio par des agents quelques jours plus tôt. Des questions comme le racisme de la police et sa violence connaissent alors une visibilité dans le débat public. Alors que la demande de justice et le droit de savoir la vérité était une des revendications principales de la manifestation, l’enquête n’a que très peu avancé depuis. Comme toujours, les autorités prennent leur temps lorsqu’il s’agit de juger des policiers, afin d’essouffler les dynamiques de solidarité. Pour éviter que cette affaire ne tombe dans l’oubli nous avons rencontré les parents d’Hervé, Mme et M. Mandundu afin qu’iels nous racontent le déroulement des faits selon leur point de vue, leurs espoirs, leurs doutes et leurs craintes.

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Emancipateur et contestataire, Outrage Collectif s’est rendu au CED

Nous sommes un collectif en non-mixité de personnes racisé.e.s basé en Suisse. Nous portons un regard critique sur la société selon une approche anticapitaliste sous les prismes de classe, de race et de genre. Nous nous sommes constitué.e.s officiellement en collectif suite à notre participation au Camp d’Eté Décolonial 2017 (CED).

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