Justice et vérité pour Djohar.

Discours prononcé lors du rassemblement en mémoire de Djohar Batashev dans le quartier des Pâquis à Genève le 14 février 2026.

Nous sommes ici parce qu’il y a 9 mois, ce fils, ce frère, cet ami a été abattu par la police genevoise à quelques mètre d’ici. 

Depuis, c’est le silence. Nous nous tenons aujourd’hui, aux côtés de sa famille et de ses proches, pour briser ce silence.

Le silence du ministère public et de la police, qui n’ont jamais pris la peine de contacter la famille après l’annonce, par les autorités françaises, de la mort de leur être cher. 

C’est un mur qui se dressera lorsque la sœur de Djohar tentera d’obtenir quelques informations. 

Le silence médiatique ensuite. Le cadrage que font certains médias qui relaient la voix des commissariats, sans la questionner. 

Nous le connaissons malheureusement que trop bien ce récit. Car nous l’observons à chaque fois qu’une personne subit une violence policière. Ce narratif policier qui légitime l’usage de la force ou celui d’une arme à feu. Ce récit qui justifie la mise à mort. 

Le quartier des Pâquis l’a bien compris et comme tout quartier populaire, il se mobilise pour les siens et pour les autres, quelque soit leurs lieux d’origine ou de vie. 

En France comme en Suisse, le continuum de violence raciste et islamophobe traverse le temps et les frontières. En France, un parti fasciste est aux portes du pouvoir. En Suisse, l’extrême-droite gouverne déjà, et depuis longtemps. 

Seule une mobilisation des forces antiracistes et décoloniales permettra d’en finir avec cet ordre inégalitaire.

Notre solidarité doit être sans faille dans tous les cas de violences policières. C’est pour ça que nous sommes venus aujourd’hui pour crier qu’en Suisse aussi la police assassine.

Aux côtés de la famille Batashev, nous demandons Vérité et Justice pour la victime de ce meurtre et pour toutes les autres. 

Pour Hervé, Mike, N’Zoy, Lamine, Michael, Camila, Marvin et toutes les victimes de la police. 

Ni oubli, ni pardon. 

No justice, no peace.